Citations

Apprendre à dire non quoi qu'il en coûte. [...] Il faut rester debout, il ne faut pas se coucher devant les gens ni coucher avec. [...] C'est essentiel dans le métier artisique.

Entendu sur France Inter ce matin (12.6.09), de Juliette Gréco.

Seulement dans le métier artistique ?
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samedi 29 novembre 2008

Aux environs de la Speicherstadt

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Plus de quatre ans déjà... Hambourg

mercredi 19 novembre 2008

Confitures et Noël

Il y avait un très grand cerisier dans le jardin de mon frère. 

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(l'arbre de la photo est à Royaumont)

C'était à Eppelheim, dans la banlieue résidentielle de Heidelberg, la maison de location avait un étage et tenait entre rue et pelouse. Au printemps, les propriétaires venaient pour la cueillette. Il y avait tellement de cerises qu'il fallait faire rapidement des kilos et des kilos de confiture.

C'était le temps où j'habitais Munich, et ni mon frère ni moi ne rentrions à la maison pour Noël. Nous nous retrouvions à Eppelheim dans le salon mal chauffé et faisions de capiteux repas de fêtes. Une fois, le saumon était si grand qu'il n'entrait pas dans le four. Ma belle soeur, sa mère, son petit bout de chou et moi avons mangé du poisson matin midi et soir pendant trois jours.

samedi 10 mai 2008

Die Szene

C'est l'histoire de Philippe. Philippe était né à Poitiers dans une famille de fonctionnaires, enfants de militaires. Les premières années écoulées dans un confort douillet, entre ville et bord de mer, trouvèrent une fin en deux deuils répétés, la soeur adolescente, puis la mère. Une cassure que la naissance du petit frère compensatoire Thibaut, favori de son père, vint sanctionner.

J'ai connu Philippe à Munich, ville qui toujours attire les homosexuels par le biais du mythe Ludwig - me disait-il. Il fréquentait die Szene, soit le milieu gay, et y avait trouvé une paix relative. En rupture avec sa province natale, il brûlait ses nuits. Philippe s'entourait aussi de femmes amies, qu'il séduisait en frère prévenant, et dont il devenait ensuite pourri jaloux.

Philippe a été un de mes compagnons de balade et de soirée aux charmants cafés munichois.

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Café dans le Marais

Nous étions une bande d'amis solidaires de tous les pays. Le temps de quelques saisons et la bande s'est dispersée aux quatre coins du monde.

Philippe habite toujours Munich. Il ne nous a pas pardonné notre départ, je crois, et s'est isolé dans son petit studio de l'ouest de la ville.

lundi 21 avril 2008

Brasserie du Louvre

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Je ne connaissais de l'Hôtel et de la Brasserie du Louvre pas même le nom, lorsque je reçu cet appel en juillet 1995. Je rentrais de voyage, Paris était dans le chaos après l'attentat de la Station Saint-Michel, et il me fallut un temps infini pour gagner la Gare de Lyon et, de là, Fontainebleau. "Bonjour, je m'appelle Martin Berger, j'ai vu votre CV et je souhaiterais vous parler. Vous pouvez venir me voir à l'Hôtel du Louvre".

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Ereintée, j'hésitai. Drôle d'appel à l'accent légèrement étranger, rendez-vous insolite directement dans un hôtel. Je rappelai, trouvant le numéro sur Minitel - mais oui... - et on me passa la brasserie. Ainsi me retrouvai-je engagée dans un emploi médiocre, en vérité, mais qui me permit de découvrir l'Allemagne. Ma vie en fut changée.

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Revenue en France depuis, je passe de temps à autre place André Malraux et m'arrête devant la brasserie. J'y mange aussi, quelquefois, ils ont de délicieux petits pots de crème et un décor de vieux bistrot qui me séduit toujours - avec des porte-manteaux en vermeil le long des banquettes. J'y ai invité ma famille, discuté et ri fort, éclaté en pleurs pour un mot peu aimable, mais, surtout, j'y ai passé quelques belles soirées seule comme je les aime.

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Reste ce coup de fil ancien, un passage professionnel bizarre et un souvenir étincelant de Munich la blanche.

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samedi 16 juin 2007

Prenez la correspondance

C'est l'histoire de Winfried, né à Berlin. Avant sa naissance, ses parents avaient fui la Silésie occupée par les Soviétiques et ne l'ont jamais revue : tassés dans des trains de misère, apeurés, ils rejoignirent la capitale déchue et s'y installèrent.

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Winfried fit des études d'ingénieur, épousa une jolie infirmière coréenne, et le train l'emmena en Bavière, pompeusement désignée "Silicon Valley allemande" depuis que Siemens s'y était installé. Il mit de l'argent de côté pour les temps durs, qui arriveraient certainement. Ils sont arrivés. Winfried a changé de métier et dirige aujourd'hui un hôtel d'affaires à Munich. La valise n'est jamais loin.